lundi 18 avril 2022

De la peste et du choléra

 [Billet dopinion/Vaut ce que ça vaut/Dailleurs, ce nest pas très bien écrit mais c'est lintention qui compte]

« Hors de question de choisir entre la peste et le choléra »

peut-on lire à gauche et à droite chez ceux que l’hubris du Président sortant insupporte à juste titre et ce, même si ce dernier s’incarne dans une sorte de centrisme synchrétique mixant positionnement de gauche sur les sujets sociétaux et de droite sur les sujets économiques et raisonnablement gaulliste sur les sujets internationaux (c’est à dire qu’une fois incarnées, ses positions crispantes relèvent encore de l’acceptable et a minima du réversible).

A ce on peut répondre une chose toute simple:le choléra a une létalité comprise entre 1,8 et 6%, et la peste entre 30 et 60, voire 100% pour certaines formes.

Et que donc il y a un choix à faire. Ne serait-ce encore une fois, pour que ce qui se fera puisse être défait/corrigé plus tard si la nécessité ou un changement politique se fait sentir.

Les représentants de la classe privilégiée, tournée vers le monde mais raisonnablement conservatrice, blanche et aisée pourraient être tentés de se dire que finalement une parenthèse Le Pen pourrait être un moment difficile à envisager sans conséquences plus importantes que cela. Deux points toutefois méritent une attention particulière, au-delà du discours classique anti extrême-droite (sur les libertés individuelles en particulier).

Tout d’abord il faut partir des faits: la France est un pays en déclin économique, politique et diplomatique relatif constant depuis près d’un siècle (mais cela est après tout un juste retour des choses tant ce pays a joué un rôle qui dépassait largement son importance démographique et historique les siècles précédents), dans un monde qui se multipolarise (typiquement la France en Asie, ça ne veut plus dire grand chose). La France est donc un acteur, important certes, mais qui pèse de moins en moins lourd sur la scène mondial (laffaire des sous-marins australiens nous le rappelle douloureusement).

La remise en question des alliances stratégiques qu’impliquerait l’accession au pouvoir d’un populisme de droite type Orban ou Bolsonaro afin de pouvoir mener une pseudo politique autonome amènerait deux ruptures majeures:

  • une révision de nos alliances militaires des Etats-Unis vers des Etats dont culturellement et politiquement nous sommes bien plus éloignés (Russie, Chine, Brésil de Bolsonaro, Inde de Modri).
  • une remise en cause de nos relations avec les pays de l’Union Européenne sur le modèle anglais pré Brexit... et qui nous a conduit au Brexit.

Or ces nouveaux alliés incarnation de cette pensée géopolitique alternative ont-ils in fine apporté à leur peuple ?

  • les classes défavorisées des Midlands vivent-elles mieux depuis qu’elles ont repris le contrôle de leur frontière et que certains libéraux britanniques cherchent à construire une Singapour sur Tamise ? La réponse est pour le moment non. Nos gilets jaunes feraient bien s’en rappeler. Dans les crises économiques, ce ne sont pas les riches qui souffrent le plus. 
  • est-ce que la critique de l’impérialisme américain certes tangible, brutal et historiquement fondé (quoique variable dans le temps), justifie qu’on aille se jeter dans les bras de Poutine et de Hafez-el-Assad, soit-disant victimes d’incompréhension (allez expliquer ça aux habitants d’Alep ou de Marioupol). 
  • accessoirement, est-ce qu’on pense sérieusement que la politique de la famille a encore du sens dans des nations prises ainsi dans les tourments de l’histoire ? (Poutine a-t-il réussi à enrayer le déclin démographique récurrent de la Russie: réponse non!). Ou qu’Orban stigmatise les minorités au nom d’une conviction personnelle (alors qu’il n’est qu’à la recherche de bouc émissaires faciles et finalement bien faibles). Et ce même si certains ultraconservateurs culturels ont pu profiter de ces momentum pour pousser leurs convictions (cf la bascule dans le camp conservateur de la Cour suprême américaine pendant le mandat Trump, belle réussite économico-diplomatique par ailleurs).

Tout cela pour dire qu’il faut laisser une chance à la réforme de l’intérieur. Jacques Chirac n’avait pas sû saisir l’opportunité après sa victoire sur le 1er Le Pen, pas sûr du tout qu’Emmanuel Macro ait compris le problème aujourd’hui... mais espérons que d’autres pourront influer et apaiser. Mais qu’on ait au moins cette chance... (chance qu’il faudra saisir sinon ce scénario pénible se renouvellera dans 5 ans).

Jean-Christophe

PS: et regardez comment tous les sujets se tiennent: si on écoute Jordan Bardella le prix de l’essence va augmenter si on continue notre politique actuelle en Ukraine. Le risque est d’ailleurs là: que par intérêt purement économique (et entendable au demeurant), on cède devant l’abjecte. Et pour reprendre la citation apocryphe de Churchill après les Accords de Munich: “Vous aviez à choisir entre la guerre et le déshonneur ; vous avez choisi le déshonneur et vous aurez la guerre.”. On n’aura peut-être pas la guerre, mais d’autres oui et in fine la France n’en sortira pas plus forte.

PS2: et on ne parlera pas des antivax devenus propoutine et qui défendent la candidature des outsiders du système. Il faut bien vivre avec ces personnes; de là à leur donner les clés du pays...

PS3: une touche dhumour (noir) pour finir...



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